
On a beaucoup écrit, et fort élogieusement, sur l'art du western chez Mann (Godard, Tavernier...) et je garde un très bon souvenir de Bend of the river ou de l'homme de la plaine.
Je considère malgré tout que l'homme de l'ouest est un film très surestimé.
L'interprétation de Lee J Cobb est trop carricaturale; on a du mal à voir en un Gary Cooper maladroit et emprunté l'ancienne brute sanguinaire à laquelle on voudrait nous faire croire (le contraste entre les deux personnalités de Cooper est trop marqué et par là devient peu crédible).
Certaines scènes traînent trop en longueur, d'autant plus que les dialogues sont assez faibles et plats; de très belles images mais une invention visuelle en retrait par rapport aux films avec Stewart. Une intrigue extrêmement conventionnelle et un personnage féminin qui n'est là que pour respecter les conventions du genre sans rien apporter d'autre que deux scènes qui s'engluent dans la niaiserie.
Malgré tout, quelques très belles scènes (notamment dans la ville fantôme ou l'attaque du train) et une mise en scène rigoureuse sauvent le film.
Par ailleurs, considérer, comme le font certains, que Mann est un précurseur des westerns crépusculaires de Peckinpah me paraît un contresens. En effet, les héros de Peckinpah refusent d'évoluer avec la société et entendent rester ce qu'ils sont, errants et marginaux. C'est exactement le contraire du personnage incarné par Gary Cooper, en rupture avec son passé et soucieux de poursuivre son insertion dans une société bourgeoise et vertueuse.
Du même Mann, revoir de préférence Côte 465, Je suis un aventurier, Bend of the river...à cet homme de l'ouest un peu décevant
Avec Gary Cooper, Julie London, Lee J. Cobb, ...
Année de production : 1958



